|
|
Sofia LECONTE-MITEV
Artiste Peintre

J'aime observer ce
que personne ne regarde ni même ne voit parfois.
Durant mes études, j'habitais au 6ème étage. Par beau temps, je sortais
sur le balcon et observais la vie vue "du dessus". J'ai été frappée par
l'ombre des passants, qui trahissait leur âge et leur démarche. En
effectuant des recherches sur la symbolique de l'ombre, il est ressorti
que pour certaines tribus amérindiennes, elle est tout simplement
synonyme de l'âme. C'est à ce moment que j'ai commencé à m'arrêter sur
ces éléments à côté desquels on passe tous sans le moindre regard. Il
en va de même pour la série de peintures d'architectures où les reflets
se mêlent au réel jusqu'à parfois devenir indissociables. Je découvre
chaque jour un peu plus cette autre vision du monde. Je ne saurai
encore dire si elle est mensongère ou bien au contraire la réalité la
plus objective.
|
|
Entre
réalité et abstraction
Ce qui frappe avant tout dans les œuvres de
l'artiste française Sofia Leconte Mitev est la précision et la minutie
avec lesquelles elle réalise ses peintures.
Au delà de la maîtrise technique et au fil
du regard, ses tableaux peints à l'huile ou à l'acrylique invitent à la
réflexion et au rêve; l'artiste peintre fait surgir la liberté de
l'imagination au milieu de l'ordre strict et rigoureux.
Troublant la réalité au travers des vitres,
renversant le sens de vision préétabli, l'artiste peintre bouscule
l'usuel.
Dans
la série des « passants », c'est comme si les ombres remplaçaient les
personnes qu'elles sont censées border, d'où une inversion des visions
qui joue avec la compréhension du spectateur.
On pense alors à l'importance de l'ombre au
fil des siècles, aussi bien chez Leonard de Vinci qui écrivit: « la
première peinture fut le contour de l'ombre d'un homme projeté par le
soleil sur le mur », chez Platon avec l'allégorie de la caverne, ou
encore chez des peuples tels les amérindiens qui considèrent l'ombre
comme une partie de l'âme.
Ce
jeu avec la compréhension se retrouve aussi dans ses tableaux de
reflets d'immeubles:
Qu'observe le spectateur ? À première vue,
des erreurs de perspective, des anomalies de construction. Soudain il
comprend pourquoi les fenêtres sont incurvées, pourquoi elles sont
parfois accrochées au ciel. Il entrevoit alors une échappée vers
l'imaginaire et a la sensation de balancer entre réalité et
abstraction.
Sofia
Leconte Mitev pousse cette liberté donnée à l'esprit dans ses peintures
de « villes de nuit », en offrant au spectateur d'intervenir lui-même
sur les œuvres: réalisées pour la plupart avec de l'acrylique
phosphorescente, le spectateur peut charger la lumière et donner
naissance à une seconde peinture dans la première. Une œuvre éphémère,
puisqu'elle s'éteint au bout d'une dizaine de minutes, laissant
réapparaître des buildings différemment éclairés.
Ses peintures ont été récompensées par de nombreux prix, exposées dans
plusieurs galeries d'art et louées pour de nombreux films. En
préparation un livre d'artiste en Puisaye.
|